Santé mentale : 8 Français sur 10 concernés, les femmes et les jeunes en première ligne

A l’occasion de la Journée mondiale de la Santé, consacrée cette année à la santé mentale, une étude inédite réalisée par Toluna pour Synadiet, auprès de plus de 1 000 Français, relève un tableau préoccupant de la santé mentale en France, particulièrement chez les femmes et les jeunes.

Une prévalence très importante des troubles de santé mentale dans la population

82% des Français déclarent être concernés par au moins un problème de santé mentale, avec en tête les troubles du sommeil (67%), la fatigue physique (62%), le stress et l’anxiété (60%) et la fatigue mentale (54%).

Les femmes et les jeunes (18-24 ans) sont les plus touchés : 34% des femmes déclarent un mauvais état psychologique (contre 25% des hommes), tout comme 45% des 18-24 ans. Les femmes souffrent davantage d’un sommeil de mauvaise qualité (72% contre 61% chez les hommes), de fatigue physique (69% contre 54%) et de stress (69% vs 50%). Les jeunes sont particulièrement touchés par la fatigue mentale (91%), le stress (87%) et les troubles du sommeil (78%).

A côté de ces troubles du « quotidien », l’étude met également en lumière la proportion importante de troubles sévères. Plus d’un tiers des personnes interrogées indiquent ainsi avoir subi une dépression ou un burn out au cours de l’année passée. Cette proportion est particulièrement importante chez les moins de 35 ans qui sont plus de la moitié à indiquer avoir souffert de burn out ou de dépression au cours de l’année

Des problèmes durables et impactants

Ces difficultés de santé mentale sont souvent durables, avec une majorité de cas persistants depuis plus d’un an et même depuis plus de trois ans pour près d’un quart des répondants. Parmi les troubles les plus persistants, on retrouve le stress/anxiété (62% depuis plus d’un an, 38% depuis plus de trois ans) et la mauvaise qualité du sommeil (61% depuis plus d’un an, 38% depuis plus de trois ans) : ces difficultés impactent significativement la vie familiale (36 %), professionnelle (35 %) et sociale (35 %). En toute logique, plus les troubles sont sévères, plus ils impactent la vie quotidienne.

Une multitude de causes

Les sources de ces problèmes varient significativement d’une personne à l’autre. Les plus de 50 ans se disent ainsi particulièrement impactés par le contexte politique et social, les plus de 65 ans par les problèmes de santé personnels. De leur côté, les jeunes sont particulièrement affectés par la charge de travail, l’isolement ou encore une mauvaise hygiène de vie. Les femmes témoignent, elles, des difficultés financières et des soucis liés à leurs proches.

Comment réagissent les Français face à ces difficultés ?

Malgré ces problèmes, de nombreux Français hésitent à demander de l’aide : 23% préfèrent gérer leurs problèmes seuls, 20% considèrent que leur situation n’est pas suffisamment grave pour justifier un suivi, 12% ont peur d’en parler ou ne savent pas vers quel professionnel se tourner. Le coût est également un frein important. 1/5ème des personnes concernées considèrent que le coût des produits et celui des consultations est un frein à l’action. Ces freins soulignent l’importance d’une approche globale et accessible pour soutenir le bien-être mental. Mais aussi le besoin d’investissement, de pédagogie et de dialogue autour de ces sujets afin que chacun se sentent légitime à demander une aide extérieure. Un constat également partagé par le Dr Patrick Lemoine, psychiatre, qui juge que « malheureusement, rien ne change ou plutôt tout s’aggrave : rien n’est fait pour augmenter l’attractivité de la psychiatrie qui est très mal choisie par les internes. On est dans un cercle vicieux : moins il y a de psychiatres, plus le travail est pénible et donc moins la psychiatrie est choisie. Les soignants comme les patients sont toujours autant ostracisés ».

Un rôle à jouer pour les produits de santé naturelle, attendus par les Français

Auteur de nombreux ouvrages consacrés à la santé mentale, le Dr Lemoine souligne l’intérêt croissant des patients pour les produits de santé naturelle. « On constate de plus en plus une demande de moins de médicaments et de plus de techniques perçues comme naturelles, même si ma prescription de substances non-allopathiques est freinée par la non prise en charge. Il existe aussi une demande de prescriptions moins massives et je passe ma vie à déprescrire dans mes ordonnances. »

Ces produits ont d’ores et déjà intégrés l’éventail des solutions utilisées par les Français pour faire face à certains troubles de santé mentale. Alors que 88% des consommateurs de compléments alimentaires se déclarent satisfaits de leur consommation, 26% des Français souffrant de troubles du sommeil se tournent ainsi vers les compléments alimentaires, de même que 19% des ceux soumis au stress ou à l’anxiété.

Ce recours aux produits de santé naturelle s’inscrit, en effet, dans une approche holistique de la santé mentale où les compléments alimentaires (des substances comme la mélatonine, des plantes comme la valériane) peuvent aider à soulager les troubles du sommeil, l’humeur ou l’anxiété, aux côtés d’autres mesures hygiéno-diététiques. 

« J’insiste beaucoup sur ce que j’appelle l’hygiène des rythmes qui va de la chrono-nutrition à l’organisation des cadences veille/sommeil. Cette approche holistique est pour moi une deuxième nature ; je tente d’intégrer mon expérience psychothérapique à mes connaissances pharmacologiques sans oublier les compléments alimentaires » explique ainsi le Dr Lemoine.

Parmi l’ensemble des Français confrontés à des problèmes de santé mentale, 73% estiment que les produits de santé naturelle (compléments alimentaires, phytothérapie, aromathérapie) ont contribuer à améliorer leur état.

Pour Christelle Chapteuil, vice-présidente de Synadiet, « cette étude confirme l’urgence d’agir pour la santé mentale, en particulier auprès des femmes et des jeunes. Il est essentiel de sensibiliser et d’accompagner ces populations, en combinant suivi médical, hygiène de vie et solutions naturelles adaptées ».