Le Dr Paul Taillandier est le lauréat du prix de thèse SFN-Synadiet

A l’occasion des Journées francophones de nutrition (JFN) à Lille, Synadiet et la Société française de nutrition (SFN) lui ont remis leur prix de thèse qui récompense la recherche scientifique dans le domaine des compléments alimentaires.

Et si une bactérie de notre microbiote intestinal ouvrait de nouvelles perspectives pour la santé métabolique ?

C’est la piste explorée par le Dr Paul Taillandier, chercheur postdoctoral au laboratoire Nutriomics (INSERM – Sorbonne Université).

Une découverte sur le microbiote intestinal qui ouvre des perspectives pour la santé métabolique

Docteur en biologie intégrative depuis décembre 2025, Paul Taillandier a réalisé sa thèse à Sorbonne Université, au sein du laboratoire INSERM Nutriomics UMRS 1269, spécialisé dans la recherche en nutrition et obésité, sous la direction du Professeur Karine Clément et du Docteur Tiphaine Le Roy. Sa thèse s’est s’est intéressée au rôle encore largement méconnu des différentes bactéries qui composent notre microbiote intestinal. Ses travaux ont mis en évidence le potentiel de Turicimonas muris, une bactérie intestinale associée à une meilleure santé métabolique. Chez la souris, le chercheur a observé que cette bactérie, dont la présence est diminuée dans les situations d’obésité, permettait de limiter d’environ 27% la prise de poids induite par un régime obésogène et de préserver le métabolisme glucidique.

Ces résultats contribuent à une meilleure compréhension des interactions entre microbiote intestinal, obésité et métabolisme. Ils ouvrent également une piste de recherche prometteuse : étudier la possibilité de restaurer la présence de cette bactérie afin d’améliorer le statut métabolique. Si ces observations doivent encore être confirmées chez l’humain, elles illustrent le potentiel de la recherche sur le microbiote pour faire émerger de nouvelles approches en nutrition.

De la recherche fondamentale à un projet d’innovation : développer un complément alimentaire à base de Turicimonas muris

Pour le Dr Paul Taillandier, cette découverte n’est pas une finalité, mais le point de départ d’un projet de valorisation scientifique et industrielle. Avec le projet Turimet, il ambitionne de développer un complément alimentaire à base de Turicimonas muris, destiné notamment aux personnes anciennement obèses ayant perdu du poids après une chirurgie bariatrique ou grâce à un traitement par analogue du GLP-1 dans le but de maintenir leur poids stable. L’objectif est d’explorer le potentiel de cette bactérie dans l’accompagnement de ces personnes, en étudiant sa tolérance et son efficacité chez l’humain, puis les conditions de sa production à l’échelle industrielle, dans le respect des exigences de qualité. Ce programme de développement, envisagé sur cinq ans, doit permettre de franchir ces étapes scientifiques et technologiques avant d’envisager une éventuelle mise à disposition de cette innovation.

« La dotation soutiendra directement la poursuite des recherches au laboratoire. Ce prix de thèse constitue une une visibilité et une crédibilité précieuses, en particulier auprès de l’écosystème des compléments alimentaires et des partenaires industriels, cliniques et financiers que nous aurons à convaincre » – Paul Taillandier, lauréat du prix de thèse 2026

Un prix au croisement de la recherche scientifique et des enjeux de la nutrition

La remise du prix s’est tenue le 4 novembre à Lille dans le cadre des Journées francophones de nutrition (JFN), le rendez-vous annuel de référence de la nutrition qui rassemble près de 3 000 participants : chercheurs, médecins, diététiciens, professionnels de santé, étudiants et industriels. Organisé conjointement par Synadiet et la Société française de nutrition, ce prix s’inscrit dans une ambition commune à ce congrès : promouvoir la recherche en nutrition, encourager l’exploration scientifique du champ des compléments alimentaires et renforcer les échanges entre les mondes académique et industriel.

« A travers ce prix de thèse, nous entendons contribuer à faire émerger les innovations de demain, en s’appuyant sur une recherche scientifique exigeante et sur un dialogue entre chercheurs et entreprises. Cette quatrième édition en est une belle illustration » – Nicolas Cappelaere, président de Synadiet